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La conquête de la Somalie britannique

NB : les liens vers les résumés journaliers des opérations sont disponibles en bas de page.

Fin juillet, les Italiens ont terminé avec succès la première étape du plan défensif visant à assurer la sauvegarde de l’Empire. En effet, la prise des principaux forts aux frontières permet d’assurer le contrôle des rares routes et points d’eau, dont la possession est, ô combien, stratégique dans un environnement particulièrement aride et hostile. La sécurisation étant assurée, le commandement italien est désormais en mesure de réfléchir à d’autres actions, tout en pouvant procéder à des mouvements de troupes. Si une attaque en direction du Soudan peut sembler une solution optimale (combiné à une offensive depuis la Libye), l’idée est rapidement repoussée, les Britanniques réussissant à tromper le commandement adverse sur les effectifs présents dans ce territoire. En outre, le manque de mobilité des troupes coloniales présente en AOI, combiné aux faibles infrastructures routières du Soudan, rend de toute façon totalement illusoire la croyance d’une offensive visant à la prise de l’Égypte par le sud.

Si l’occupation de la Côte française des Somalies avait constitué l’un des plans majeurs afin de bénéficier des excellentes infrastructures portuaires, routières et ferroviaires (une ligne relie Djibouti à Addis-Abeba), la défaite française et le refus allemand bloquent là encore toutes possibilités.

Enfin, le front sud (Kenya) est immédiatement rejeté, car sans aucun intérêt.

Finalement, la petite enclave de la Somalie britannique apparaît, par défaut, comme la seule direction possible. Il est vrai que ce petit territoire, dépourvu de véritables infrastructures solides, aride, peu peuplé et exempt de matières exploitables n’offre guère d’intérêt. Néanmoins, sa conquête à l’intérêt d’éliminer toute enclave hostile au sein de l’AOI et, ainsi, de réduire les lignes de défense et redéployer les troupes en direction des frontières ouest et sud. De surcroît, au moment où l’Empire britannique joue sa survie, la perte d’un de ses territoires ne pourrait qu’avoir un impact psychologique non négligeable des deux côtés.

Dans cette optique, fin juillet, les Italiens sont en mesure d’aligner environ 25 000 hommes sous les ordres du generale Guglielmo Nasi divisé en trois colonnes. Si les deux premières sont chargées d’assurer la protection des flancs est et ouest, l’effort majeur est porté sur la seule véritable route permettant de rejoindre le port de Berbera, mais imposant de franchir une région escarpée constituée de plusieurs défilés favorisant la position du défenseur.

Sur le plan aérien, la Regia Aeronautica est en mesure d’aligner 25 Fiat CR 42 et Fiat CR 32 (410aSquadriglia CT, 411aSquadriglia CT et 413aSquadriglia CT), 9 Ro 37 (110aSquadriglia RT), 11 S 79 (44 bis Gruppo BT), 19 S 81 (4 bis Gruppo BT et 29 bis Gruppo BT), 12 Ca 133 (27 bis Gruppo BT).

 

En face, la stratégie britannique est assez hésitante. Initialement, les premiers plans faisaient du territoire un simple moyen visant à la protection de la frontière est de la Côte française des Somalies, considérées par les Français et les Britanniques comme le point de départ de toute offensive contre l’Empire italien. Ainsi, les éléments militaires sur place sont des plus limités et consiste dans le Somaliland Camel Corps, sous les ordres du Lieutnant-Colonel Arthur R. Chater des Royal Marines, soit environ 600 hommes à l’armement léger. Les choses changent légèrement début 1940, puis brutalement après la chute de la France, lorsque la défense du territoire et Berbera devient un objectif, dans la stratégie générale assignée au General Archibald P. Wavell. Ainsi, des renforts sont envoyés en catastrophe, dont les derniers arriveront début août permettant de porter la défense à environ 4 000 hommes avec les défauts d’être très hétérogènes, car composés de bataillons provenant de divers régiments, d’être dépourvus d’artillerie et de tout véhicule d’appuis. Le Brigadier Arthur R. Chater (promu pour donner meilleur impression) décide, ainsi, d’ancrer son dispositif sur les deux principaux défilés longeant la route d’accès à Berbera : Hargeisa et Tug Argan. En cas d’échec à tenir ces points, l’évacuation des troupes doit être envisagée.

En outre, contrairement à la Regia Aeronautica, la RAF faute d’aérodrome et de protection n’est pas en mesure de déployer des appareils à l’exception du détachement de quelques Gladiator (94 Squadron RAF), les autres basés au Soudan ou à Aden ne pouvant intervenir en appui immédiat des troupes au sol.

3 août 1940

4 août 1940

5 août 1940

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14 août 1940

15 août 1940

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18 – 19 août 1940