La SAAF sur Madagascar (Operation Ironclad : mai – novembre 1942)

Pour plusieurs d’informations sur cette campagne voir les références suivantes :

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Un document exceptionnel sur cette campagne.

Il s’agit du témoignage d’un mécanicien sud-africain ayant participé à l’opération sur Madagascar.
En effet, l’Union of South Africa va envoyé un contingent terrestre et aérien. La crainte japonaise constitué, alors, une des psychose du gouvernement de Jan Smuts notamment avec la crainte d’une attaque sur le port de Durban.

Les moyens aériens était, cependant très modeste, faute de personnels entraînés et d’appareils moderne (la priorité étant donné aux Squadron opérant au nord), en l’occurrence sous les ordres du Colonel Stephen A. Melville

1°: 20 Squadron SAAF (16 Squadron à partir de septembre) sous les ordres du Lieutnant-Colonel James J. Durrant
– 32 Flight (Major Douglas E.D. Meaker) : 5 Maryland
– 36 Flight (Major Jack A.Clayton) : 6 Beaufort
– 37 Flight (Major Ken S.P. Jones) : 5 Beaufort, 1 Maryland

2°: Transport Squadron, sous les ordres du Lieutnant-Colonel M.C.P. Mostert
– 50 Flight (Major F.N. Quy) : 6 Ju 52
– 53 Flight (Major P.R. Kok) : 6 Lodestars
– 54 Flight (Major G.B.D. Williams) : 6 Lodestars

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Opération sur Madagascar 

Leon Rubens 

 

Extrait de : Wingrin Dean. Tumult in the Clouds. Stories from the South African Air Force 1920-2010. Pinetown, 30° South Publishers and Helion 2013. 334 p. 
http://www.saairforce.co.za/shop/product_info.php?products_id=1249 

Avec l’aimable autorisation de Dean Wingrin 

 

J’ai rejoint la force aérienne, le 19 août 1941, à l’âge de 15 ans en mentant sur mon âge. Vous pouviez, en effet, rejoindre à 16 ans, mais avec interdiction d’être envoyé sur une zone de combats avant vos 18 ans. Mon père était décédé durant les années de crises et bien sûr, ma mère ne voulait pas signer.

« Écoute, si tu ne signes pas, je quitte la maison et je rejoindrais de toute façon la SAAF ». Elle accepta contre son grès.
Le major chargé du recrutement au Hector Norris Park de Johannesburg me demanda, alors, mon âge : « Seize ans », je répondis.
« Avez-vous votre extrait de naissance avec vous ? »
« Non Monsieur, désolé, je l’ai oublié. »
« Lundi, lorsque vous vous présenterez à Roberts Heights, apportez-le ».
« Oui, Monsieur », je répondis. Ils l’attendent toujours depuis !

Nous avons eu un mois d’entraînement classique à Roberts Heights, puis quatre mois à Milner Park afin de nous tester dans différents travaux. À la fin, ils nous ont demandé de choisir une spécialité. J’ai choisi celle d’opérateur radio/mitrailleurs et j’ai étais envoyé à la 64 Air School de Bloemfontein.
Après six semaines, j’ai été recalé suite à des problèmes de migraines et reversé comme mécanicien. Tous mes autres compagnons ont terminé avec succès et rejoint les 31 et 34 Squadrons SAAF en Italie. La fin de notre entraînement a été marquée par une parade où au cours de laquelle, le sergeant major m’a appelé ainsi que quatre camarades. Les autres ont été transférés dans diverses écoles du pays, quant à nous, c’était direction le 16 Squadron SAAF, équipé de Martin Maryland et Bristol Beaufort destinés à l’opération sur Madagascar.

Madagascar était à l’époque une colonie française. Après l’armistice, l’ile était restée fidèle au gouvernement de Vichy. Rommel était pratiquement aux portes du Caire, et s’il avait capturé cette ville et Alexandre, la route vers le sud aurait été ouverte. La Méditerranée était, alors, inaccessible pour les navires alliés à cause des avions et sous-marins allemands et italiens. Ainsi, l’unique moyen pour envoyer des hommes à Montgomery était de passer par Le Cap et le canal du Mozambique.
Mais, le gouvernement de Vichy avait autorisé les sous-marins et navires allemands ou japonais à ravitailler à Diego Suarez. Ils pouvaient, ainsi, torpiller nos bateaux sans difficulté. Churchill avait, donc, décidé que Madagascar devait être attaqué. L’invasion a débuté le 5 mai 1942. C’est seulement après la capture de Diego Suarez que la SAAF a été transférée pour mener des opérations de reconnaissances et bombardements.

Les appareils, en attente en Tanzanie, ont été envoyés dès le 13 mai, tandis que nous avons embarqué à bord du Bergensfjord pour un voyage de sept jours. Le navire devait faire de nombreux zigzague pour éviter les sous-marins adverses. Puis nous sommes restés sur l’aérodrome tandis que les négociations avaient lieu. Nous avons effectué quelques vols de reconnaissances et attaques contre les Français, mais les Britanniques n’avaient pas véritablement envie de combattre. Résultat, ils ont essayé de négocier pendant trois mois.

Mais lorsque les autorités à Diego Suarez ont compris que le gouverneur français ne souhaiter pas se rendre, des plans ont été dressés pour attaquer en direction des côtes est et ouest. Début septembre, je faisais partie de la force destinée à la conquête de Majunga sur la côte ouest, tandis qu’un mouvement semblable avait lieu contre Tamatave à l’est. L’objectif était que les deux forces puissent faire jonction au sud. Nous avons, alors, été embarqués dans un convoi d’une soixantaine de navires.

Lorsque nous avons débarqué avec l’échelon avancé à Majunga, nous avons réalisé avec horreur que le cuisinier avait été oublié. La panique ! Le Flight Commander a décidé que deux personnes différentes seraient chargées de cette corvée chaque jour. C’était très simple : nous dispositions de corned-beef et de « M and V » (c’est-à-dire des conserves de viande et légume en sauce), il suffisait de tout verser dans une marmite sur le feu, mélangé et le repas était prêt. Inutile de dire que très rapidement notre Squadron a pris cette mixture en horreur. Lorsque mon tour est arrivé, un miracle s’est produit, lorsque j’ai aperçu une femme malgache transportant un panier rempli de tomates et d’œufs. Lorsque j’ai essayé de négocier, elle a demandé à recevoir plusieurs « M and V », l’affaire a été rapidement conclue. Comme je n’avais encore jamais fait cuire un œuf, j’ai décidé de les mélanger à notre mixture habituelle, et le succès fut au rendez-vous. Heureusement, le reste du Squadron a débarqué le lendemain, avec le cuisinier, nous étions sauvés.

Peu après, un message est arrivé : « Air Mechanic Rubens, vous êtes convoqué par le Colonel Stephen Melville ». « Qu’avais-je donc fait ? » Mes inquiétudes se sont renforcées lorsque les MP sont venus me chercher pour me conduire devant le Colonel. Il m’a regardé d’un air sévère et m’a demandé : « Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous ne devriez pas être là, vous avez surement qu’il faut avoir 18 ans pour être envoyé hors de l’Union. Quel âge avez-vous et ne me mentez pas ! Votre mère a déposé une plainte auprès des autorités. J’ai reçu des instructions pour vous renvoyer au pays. » Heureusement, il n’y avait aucun moyen de communication directe avec l’Afrique du Sud. Après une courte réflexion, il a continué : « Je n’ai aucun navire disponible pour vous ramener. Retournez immédiatement au travail ! »

Je n’ai plus réentendu parlé de cette affaire jusqu’à la fin de la campagne.

Les opérations ont continué en direction du sud et de Tananarive, la capitale où nous avons attendu jusqu’à l’arrêt des combats. Il semblerait que selon les règlements français, une prime et autres avantages étaient décernés lorsque vous aviez combattu six mois durant l’ennemi. C’est ce qu’a fait le gouverneur. Après six mois et un jour, il a accepté les propositions britanniques. La guerre était finie.

Notre Squadron est encore resté quelques jours à Tananarive avant de rejoindre Tamatave, un charmant petit village en bord de mer. Nous y sommes restés six semaines à attendre un navire pour rentrer au pays. Aujourd’hui, les gens seraient prêts à payer des fortunes pour vivre de telles vacances. Une plage et une eau claire à faire rêver. Nous avons passé notre temps à nager, jouer au bridge et boire du vin. Malheureusement, la nuit du Nouvel An, ordre est arrivé d’embarquer pour Mombasa.

Le reste du 16 Squadron a été envoyé en Afrique du Nord, tandis que j’embarquais sur un autre bateau en direction du sud. Je suis, finalement, arrivé à Duban en janvier, puis un mois de permission avant d’être envoyé à Waterkloof.

Je suis resté là-bas jusqu’en mai en attendant mes 18 ans, selon mon dossier, même si je n’en avais en réalité que 17. Puis j’ai, enfin, été envoyé au nord. On n’était, alors, pas transféré vers un Squadron particulier. On arrivait à Suez, puis un camp de transfert au Caire, et on attendait l’ordre de rejoindre un Squadron selon les besoins.

Heureusement, j’ai fait partis d’un groupe chargé de rejoindre mon ancienne unité. Le 16 Squadron était, alors, basé à Tripoli pour mener des reconnaissances aériennes au-dessus de la Méditerranée. Les combats en Afrique du Nord étaient terminés et les Alliés installés en Sicile et au sud de l’Italie. Mais, il fallait pour cela bénéficier d’une autorisation de service hors d’Afrique, ce qui n’était pas mon cas ayant signé l’ancien formulaire d’engagement. Notre Squadron était, en outre, destiné exclusivement au service africain. Je suis, donc, parti au QG de la SAAF au Caire afin d’expliquer que mon cousin était navigateur du 24 Squadron à Fogia. J’ai expliqué que nous avions grandi ensemble, sans jamais être séparés. N’était-il pas possible pour moi de le rejoindre ?  48 heures après, un ordre de transfert est arrivé pour m’envoyer en Italie au camp de transit de Bari. Cependant, on m’a envoyé au 7 Squadron de chasse, équipé de Spitfire. Contrairement aux Squadrons de bombardement, qui sont restés à Fogia, nous avons suivi la ligne de front pour supporter le 2nd New Zealand Division.
Nous étions à Udine, lorsque l’Allemagne a capitulé.

Je me suis immédiatement porté volontaire pour le nouveau service en Asie qui venait d’être crée. Néanmoins, tout le personnel engagé depuis au moins un an au nord pouvait bénéficier d’un mois de permission en Afrique du Sud. Mais, la SAAF avait une conception très particulière du temps. Ainsi, après avoir atterri à Swartkop, le général Pierre van Ryneveld est venu nous annoncé que les Dakota repartaient dans deux jours pour Le Caire afin de nous embarquer en direction de Ceylon où un stage de conversion aurait lieu sur Mustang. Malheureusement, arrivés au Caire, nous avons attendu ces fameux navires pendant trois semaines…

Nous sommes, finalement, arrivés à Ceylon le 10 août, le jour où la seconde bombe a été larguée sur Nagasaki. Soudain, je fus le chaos, et plus personne ne savait quoi faire de nous. L’après-midi, nous devions abandonner en urgence les navires pour y transférer des commandos anglais chargés de reprendre Singapore, tandis que nous devions débarquer pour des vacances sur place. Mais, finalement, le soir nous avons été consignés sur les navires. On ne voulait pas de nous ici. Les Britanniques ne souhaitaient pas payer l’hébergement de troupes inutiles, et l’Union of South Africa n’avait aucune envie de dépenser des sommes supplémentaires, l’effort de guerre étant terminé. Nous sommes restés encore deux jours, et les navires ont pris la mer pour nous ramener au pays. Nous n’avons, ainsi, pas pose le pied en Asie.

L’aventure était terminée, mais certains d’entre nous devaient prendre leur revanche quelques années plus tard en Corée.

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